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2002, bonne année, meilleurs voeux et
tutti quanti... Et, qu'est-ce que l'on peut me souhaiter pour cette année ?
Changer de boulot ! ma santé (mentale entre autres) en serait reconnaissante. Quels sont
donc les sujets qui fâchent : Mais, c'est là que le bât blesse : pas les 35 heures qui pour
le personnel TOS n'ont pas de conséquences très importantes, quant aux secrétariats, les 35h les obligeront à travailler plus longtemps.
Mais, plutôt, le mépris dont fait preuve notre administration, contente d'elle, mais
incapable de se rendre compte de la situation d'un établissement scolaire. Je connais un établissement doté de 9 personnels ouvrier
faisant 500 repas 4 jours par semaine et
débutant une phase de restructuration, avec les entreprises dans tous les coins. Le
Collègue me faisait le bilan : 1 MO Cuisine (bien !, mais revenant de maladie
professionnelle, ses bras sont fragiles) 1 OP Cuisine (en accident du travail - remplacé)
1 OP Entretien ( oui!, mais c'est un auxiliaire, oui! , c'est la deuxième année qu'il y
a des auxiliaires, oui !, c'est vrai, il y en a eu 1titulaire de nommé l'année
précédente en Juillet, mais, en août, on a préféré le réaffecter à la ville, c'est
quand même plus important !), bref, cet auxiliaire, cela lui arrive aussi d'être malade
(mais comme cela dure que 8 jours, il n'est
pas remplacé). Continuons, avec les OEA, 6 : 1 pour l'accueil, un poste de
reconversion, il n'habite pas sur place, n'a aucune dérogation, mais le Rectorat ne veut
pas sanctionner (peur d'un Conseil de Discipline ? ) Pas grave, il y aura bien des cadres
pour systématiquement fermer les portes de l'établissement à la moindre réunion
nocturnes. 5 OEA, Service général dont 2 ont fait une demande de Congé Longue Maladie
(Ceux-là sont remplacés), 1 autre (malade pour 15 jours et non 16 - chiffre dit
fatidique- n'est pas remplacé), reste 2 , bien fatiguées. Et j'épargne les stages de
formation J'oubliais, 1 CEC, ancien maçon, venu en stage, puis en CES et
enfin en CEC, bref, un des plus anciens et compétents des personnels ouvriers de
l'établissement (le comble !) En bilan, sur 10
personnes, 5 sont des emplois précaires, 1
n'est pas remplacé. Y a t'il beaucoup d'entreprises qui pourraient fonctionner ainsi ?
D'autant que les remplaçants dits " de
courte durée", n'ont pas de contrat pendant les vacances et doivent prendre leurs
congés sur les 35h hebdomadaires. J'oubliais, également de préciser que ces
remplaçants sont payés avec 2 mois de retard (ils ont bien du courage pour travailler). Bref, l'établissement n'est guère nettoyé, seule la cuisine
est encore tenue correctement (HACCP oblige !). Quant au déménagement prévu pendant les
vacances, il se fera plutôt mal que bien, mais de toute façon, cela sera la faute du
gestionnaire ! Le Rectorat averti estime qu'il fait ce qu'il a pu dans le cadre
de ses crédits et en fonction des règles définies. Et si les règles ainsi définies
vous étranglent, on compatit, mais, désolé, on ne peut plus rien pour vous. Sauf,
éventuellement à vous tomber dessus, si un accident survient.
Le Collègue (qui n'est pas un jeunôt), me disait qu'il n'avait
pas signé pour mal faire son boulot et qu'écoeuré, il avait déposer un préavis de
grève pour Lundi, tout seul
Aspect passager et localisé, direz-vous, je ne le crois pas, j'ai aussi constaté une
dégradation similaire depuis les 3 dernières années et qui va en s'amplifiant. Comment s'en sortir : -
1er
solution : recruter des CES, avec le risque d'avoir des agents de 1ère et 2
ème catégorie (en terme technique, cela s'appelle du sous-prolétariat et combler
des manques par de la précarité) -
2ème
solution : externaliser des prestations : les chantiers de peinture, d'entretien des
espaces
. vers une EMOP, une association ou une entreprise. Et pourquoi pas, le
nettoyage, après et la cuisine pour finir ! - solution en voie de développement -
3ème
solution : confier l'entretien complet aux
Collectivités de rattachement avec les personnels et les missions (cuisine et gestion
comprises). Elles, au moins, ne laisseront pas crever un établissement. Face à
l'impuissance de l'Etat, Les Régions et Départements ont montré qu'elles savent se
doter des moyens pour assurer leurs charges, alors que l'Etat a toujours montré qu'il en
était incapable. C'est donc, un constat d'échec : Face aux collectivités
territoriales qui investissent en masse ce domaine à la fois par leurs dotations qui
rendent l'effort d'investissement de l'établissement quasiment marginal, et par leurs
techniciens compétents en matière de bâtiment qui prennent en charge tout ou partie des
travaux d'entretien, nous ne pouvons mettre en avant que nos moyens internes dont nous ne
maîtrisons ni le nombre, ni le recrutement, ni la qualité. Ainsi, nous ne pouvons à
peine faire correctement le courant alors que nous travaillons de plus en plus longtemps. Je sais : nous avons plein d'autres missions : comptabilité,
sécurité, administration
mais ne pas arriver, à exécuter une mission de base
comme la propreté de l'établissement (ne dit-on pas que la propreté, c'est le début de
l'"autonomie" pour les très jeunes enfants ?), j'en ai honte personnellement et
comme le collègue, je n'ai pas signé pour cela ! Considérant que la probabilité que la situation s'améliore est
proche de la nullité, que j'ai adoré ce boulot et que je me refuse à le faire mal, que
j'ai 40 ans et fait à peu près le tour de ce métier, je pense qu'il est temps pour moi
d'aller voir ailleurs. Devenir Chef d'établissement, pourquoi pas ! Par voie de
détachement, cela semble possible. Le job paraît intéressant, encore plus tourné vers
l'avenir des élèves bien que je maintienne, haut et fort qu'être gestionnaire s'est
mettre tous les moyens possibles à la disposition des enseignants et élèves. Ou alors, totalement ailleurs, dans un autre ministère ou une
collectivité, histoire de découvrir de nouveaux horizons. C'est pourquoi, je passe cette
petite annonce :
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