L'exception des Comptables Publics dans
l'éducation Nationale se justifie-t-elle toujours ?
Certains
proclament à juste titre que les nouvelles missions des gestionnaires sont incompatibles
avec les fonctions de comptable. En effet, comment être le responsable administratif et
financier du Chef d'établissement et pouvoir gardé assez d'autonomie pour exercer le
contrôle de celui-ci en tant qu'accessoirement comptable public.
Devenu EPLE, les collèges et lycées ne sont que des établissements publics relevant
des collectivités locales. Et le comptable public en titre est le percepteur de
circonscription. Un établissement de plus souvent peu complexe (par rapport à une
commune) ne devrait pas les perturber outre mesure.
Contrôlé 2 fois en 8 ans par les Inspecteurs-Vérificateurs du Trésor et
-je plaide coupable- avec des bons rapports, j'ai quand même constaté la piètre
estime qu'ont les services des finances vis à vis de l'ensemble des comptables publics de
l'éducation nationale. Et nous avons tous constaté, prendre un poste après certains
collègues n'est pas une sinécure.
A qui la faute ?,
- Certainement à une formation insuffisante sans rapport avec celle d'un Inspecteur du
Trésor (et pourtant, il y a quelques Kador, chez eux aussi). Nommé comptable en 1991,
j'ai obtenu 6 jours de formations Cafa et encore sur ma demande !
- Au faible respect de notre propre administration : dans mon académie, une agence
comptable de 3 collèges (400-500 et 600) équivaut à un demi-poste de dotation au
barème.
- Confusion des genres et des missions entre le Gestionnaire adjoint du Chef
d'Etablissement et le Comptable, contrôleur du même chef d'établissement.
- Absence de perspective de carrière, la seule promotion (financière) pour un
gestionnaire est de devenir Agent Comptable.
Toutefois, l'ensemble du système n'a pas produit de scandale national, l'aspect
auto-contrôle ordonnateur-comptable a globalement bien marché et a évité un certain
nombre de dérives. Mais, il faut dire qu'avec un budget à 90% préaffecté, la marge
d'égarement équivaut à des clopinettes. Non, c'est l'absence de professionnalisation,
de compétences comptables qui est en cause et qui débouche sur une comptabilité
rituelle (genre Danse de la Pluie) et non comprise et assimilée. J'entend certains
répondre : absence de personnels, non !, je souhaiterai moins de personnels mais mieux
formés et ayant une meilleure mentalité.
Alors, la Compta à la TG et les gestionnaires pouvant devenir Chef d'établissement !,
c'est une solution qui reste interne à l'Education Nationale. Personnellement, je rêve
passer d'un Ministère à un autre et où le seul critère retenu serait la comptétence
dûment justifé par des contrôles extérieurs.
Alors, l'affaire est entendue, fin des agents comptables d'EPLE ? Et pourtant combien
d'actions pédagogiques pourraient avoir lieu sans eux ?
Cas concret : Les élèves d'un niveau se sont inscrits à un des voyages européens
(coût entre 900 F et 1700 F). Grâce au gestionnaire et sa connaissance des familles, une
intervention via les Fonds sociaux a pu permettre l'inscription d'enfants dont les
familles ne disposaient pas des ressources financières. Mais, les enfants ont décidé
pour faire encore baisser le coût du voyage d'aller mettre en paquets lors des fêtes de
Noël, les courses des clients du supermaché local. Bilan : 11000 F de pourboire en
liquide. Imaginez la réaction de la Trésorerie Générale ! L'action doit-elle être
découragée, elle part d'une initiative citoyenne alliant solidarité et don de son
travail au profit de l'intérêt général. Dans un EPLE, on enseigne certes, mais on
forme aussi de futurs citoyens. Et à ceux qui remarquerons que les élèves se font
exploiter par un patronat sans vergogne, nous répondrons qu'il n'est pas mauvais que
pendant quelques jours, les élèves soient confrontés à la réalité du monde du
travail, cela peut être motivant pour certains. Bref, que fait notre agent comptable avec
ses 11000 F, il demande simplement au Conseil d'Administration une décision approuvant le
don du supermarché dans le respect du principe de neutralité (pas de publicité) et son
affectation aux voyages européens et il encaisse gentillement.
Nous pourrions à loisir multiplier les exemples où la double casquette de
gestionnaires-comptables permet la réalisation de projets éducatifs ou d'enseignement .
Les compétences tant juridiques, techniques et financières , les connaissances de la
réalité et des missions d'un EPLE, de notre profession sont indispensables à la
réalisation effective des Projets d'établissements, tout en mariant les aspects
réglementaires et éducatifs.
Si nous voulons être utiles et continués d'exister, outre la tenue (irréprochable !
) de la comptablité générale, il nous faut encore plus nous intégrer dans les actions
éducatives. Ne ratons pas ce train