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Ces propositions s'inscrivent dans une seconde phase de décentralisation. La proposition n°22 traite de l'implication des collectivités territoriales dans le fonctionnement du système éducatif. Après avoir rappelé l'historique des financements Etat et Collectivités Locales, la conclusion tombe : "Il est incontestable que l'immobilier scolaire voire universitaire a été complètement modernisé. Le visage de la France scolaire a sur ce point radicalement changé grâce à l'action des collectivités territoriales" les paragraphes suivants sont reproduits dans leur intégralité : Les avantages d'une affectation de ces personnels auprès des collectivités territoriales, maîtres d'ouvrages et gestionnaires, sont certains : cohérence et clarté dans l'exercice des compétence, meilleure évaluation des besoins et aptitude à y répondre plus rapidement. les personnels techniciens, ouvriers et agents de service dits "ATOS" restent attachés à leur statut de fonctionnaires d'Etat, il s'agirait de garantir ce statut et de prévoir en conséquence une simple mise à disposition des fonctionnaires d'Etat concernés auprès des collectivités. ce transfert s'accompagnerait bien évidemment d'un transfert des financements correspondant. Proposition n°22 : mise à disposition de l'ensemble des personnels techniciens, ouvriers et agents de service, aux régions et département pour l'exercice de leur compétence." La suite concerne les universités.
Dans le pire cas de figure : tous les personnels de gestion et ouvriers passent sous
contrôle des CT, la notion même d'Etablissement Public Local d'Enseignement et avec elle
une certain automonie financière (et donc politique) disparaît et nous nous trouvons
dans le cas des écoles communales L'ex-EPLE ne s'occupe que de pédagogie (ce qui est sa
mission essentielle) mais sans avoir de souplesse de fonctionnement, ni la marge
financière d'autonomie pour développer son projet pédagogique. "Qui paie,
commande" disait un président de Conseil Général. L'intermédiaire : Tous les TOS (équipe de cuisine compris) passent au CT , pas les administratifs et l'EPLE est conservé avec un budget réduit à une "peau de chagrin", (ni chapitre B, C et R2), les choix internes de financements sont faibles et ne s'appuient que sur des ressources extérieures (CT, Etat, Europe) et le gestionnaire se recentre sur la partie administrative et financière. Le moins-disant : la restauration reste au sein de l'EPLE avec les personnels dit "d'internat". Le Bugdet de l'EPLE est toujours réduit (du B et du C) . Cela maintient une partie des missions et des personnels sur place.
Il y a quelques années, j'aurai hurlé contre un tel projet. Avec une bonne équipe de
TOS, on peut faire des choses magnifiques au plus près des besoins des usagers. Et puis
la situation s'est dégradée petit à petit avec notamment le concours d'OEA qui est
dramatique pour des établissements ruraux qui recrutent les reçus au concours et ceux-ci
repartent 2 à 3 ans après vers leur domicile. Rajouté des carences en remplacement
(dramatique !), des personnels moins "vifs", 20% d'auxiliaires (sur poste OP et
MO), et vous ne faites plus des projets, vous assurez l'urgence. Lorsque pour une équipe
de 9 personnes, vous vous apercevez qu'au cours du dernier mois, vous n'avez l'ensemble du
personnel qu'1 seul jour et que ce mois n'a rien d'exceptionel, vous êtes prêts à
écouter favorablement ce type de discours.
L'essentiel du problème vient de la volonté de l'Etat qui est incapable d'assurer les moyens humains (notamment de remplacement) pour des missions traditionnelles de Service Public. Maintenant, il est temps de réflechir au contenu des missions de service public pour un EPLE : est-ce que le nettoyage des bâtiments en fait partie ? (personnellement, j'ai des doutes), l'élaboration des repas ? (je pense que oui, pour le caractère social et éducatif), la gestion des voyages scolaires ? (socialement et pédagogiquement oui !) etc... Bref, définissons plus clairement, ce qui doit rester autour de la notion d'EPLE. Ensuite, il faudra garantir l'autonomie financière et humaines de l'EPLE et son contrôle d'efficacité, corrolaire de la protection du statut de la Fonction Publique. Enfin, les modalités de transition d'un système à un autre pourront être étudiés afin de réduire les risques de blocages.
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